Réseaux sous tension : la Wallonie réforme pour garantir l’accès à la puissance

La Ministre de l’Énergie, Cécile Neven, franchit une nouvelle étape dans la sécurisation de l’accès à la puissance. Adopté en première lecture, un avant-projet de décret pose les bases d’une gestion intégrée des raccordements au réseau, en combinant flexibilité, priorisation et optimisation des capacités disponibles. Objectif ? Soutenir le redéploiement économique et la transition énergétique de la Wallonie.

L’électrification accélérée de l’industrie, de la mobilité, du chauffage ou encore des usages numériques exerce une pression croissante sur le réseau électrique.
Les mécanismes déployés ces derniers mois en Wallonie, tels que les raccordements flexibles ou encore le processus d’identification de solutions techniques innovantes, apportent une première réponse concrète de court terme. Mais face à l’ampleur et au caractère structurel des tensions constatées, une réforme profonde du cadre s’imposait.
Le Gouvernement, pleinement mobilisé, adopte à cet effet, ce mercredi en première lecture, un avant-projet de décret relatif à l’accès aux réseaux et à leur développement. Objectif ? Répondre durablement à la situation de saturation rencontrée et garantir ainsi un accès à la puissance compatible avec les besoins économiques et énergétiques du territoire.


Concrètement, trois grands axes structurent l’approche :

  1. Mieux répartir l’accès à la capacité disponible : le texte introduit une gestion plus intégrée des demandes, au travers notamment de grandes catégories d’usage afin d’éviter qu’un seul type de projet — par exemple des demandes très consommatrices en puissance — ne capte l’essentiel des capacités disponibles. Il prévoit également une gestion différenciée des files d’attente en fonction des catégories d’usage, ainsi qu’un renforcement de la transparence sur les capacités disponibles chez les gestionnaires de réseau, sur les méthodes utilisées pour traiter les demandes et sur l’état d’avancement des dossiers ;
  2. Mieux utiliser le réseau existant : l’utilisation des infrastructures existantes sera optimisée via l’extension et l’harmonisation des contrats de raccordement flexibles pour le prélèvement, l’injection et le stockage. Lorsqu’une demande de raccordement crée de la congestion sur le réseau, un contrat flexible devra désormais être proposé au demandeur par le GRD plutôt qu’un refus de raccordement pur et simple. Le texte prévoit également que la puissance sera désormais allouée sous forme de profils temporels, et non plus sous forme d'une puissance constante, afin de mieux adapter la capacité attribuée aux besoins réels des utilisateurs selon les heures de la journée ou les périodes de l'année ;
  3. Mieux anticiper les besoins futurs : l’avant-projet introduit, enfin, la notion des « ambitions énergétiques régionales », qui serviront de base au développement et l’alignement des investissements des réseaux électriques et gaziers. Les plans d’adaptation devront désormais couvrir une période de dix ans, contre cinq actuellement, et être actualisés tous les deux ans. 

Cécile Neven, Ministre de l’Énergie : « Anticiper l’état de saturation des réseaux électriques et remédier aux points de congestion existants est un enjeu majeur pour la Wallonie. Cela conditionne concrètement notre capacité à accueillir des projets et notre redéploiement industriel, mais aussi l’électrification de nos usages et la réussite de la transition énergétique. Avec ce décret, nous entendons réformer le cadre de façon structurelle et anticipative. Objectif ? Flexibilité, priorisation et anticipation. L’accès à l’énergie et la puissance doit être compatible avec l’avenir économique que nous voulons pour la Wallonie. »

 


Contact presse: Simon Souris, porte-parole – simon.souris@gov.wallonie.be – 0473756709


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