À la suite d’un été marqué par les fortes chaleurs, la sécheresse et l’incendie des Hautes Fagnes, le Gouvernement wallon renforce sa préparation face aux risques climatiques. Il prépare la restauration du plateau des Fagnes, saisit le Comité de concertation pour améliorer la gestion des crises et adopte la première Stratégie wallonne d’adaptation aux changements climatiques.
Hautes Fagnes : vers un plan de restauration dans les 15 jours
Après l’incendie qui a touché plus de 3.300 hectares, un Comité à la restauration sera mis en place sous la responsabilité du Secrétaire général du Service public de Wallonie. Sa première mission sera de dresser une évaluation précise des conséquences de l’incendie et d’identifier les travaux à mener, les actions prioritaires et les administrations concernées. Le Comité devra revenir vers le Gouvernement dans les 15 jours avec une première feuille de route, une proposition de gouvernance et un calendrier.
Ce travail sera progressivement affiné à mesure que les différentes parties de la zone sinistrée redeviendront accessibles. Il pourra notamment s'appuyer sur l’expertise développée par les administrations wallonnes depuis les inondations de 2021 et sur la coordination assurée par le centre régional de crise CORTEX.
Gestion de crise : plusieurs améliorations portées au Comité de concertation
Les premiers retours de l’incendie mettent en évidence une bonne coordination globale des acteurs, sous l’égide de la Province de Liège, ainsi qu’une mobilisation exceptionnelle des zones de secours, services publics, agriculteurs, entreprises, citoyens et partenaires européens. Ils permettent aussi d’identifier plusieurs pistes d’amélioration. Le Gouvernement wallon saisira dès lors le Comité de concertation afin de travailler avec l’État fédéral et les autres Régions sur plusieurs points concrets :
- l’amélioration des systèmes d’alerte à la population, à la lumière notamment des difficultés rencontrées avec le 112 et BE-Alert, et l’analyse de systèmes d’alerte automatique par géolocalisation ;
- l’adaptation des mécanismes de surveillance de la qualité de l’air aux incidents ponctuels générant des pics locaux de particules fines ;
- une meilleure coordination des alertes et recommandations sanitaires entre niveaux de pouvoir ;
- L’évaluation de la mobilisation des ressources actuelles et futures de la Défense lors de situation de crises majeures ;
- la clarification du recours aux volontaires en situation de crise, notamment en matière de coordination et d’indemnisation ;
- la reconnaissance du secours animalier dans les dispositifs de gestion de crise, sur la base de l’expérience positive menée dans les Hautes Fagnes.
L’objectif est de tirer rapidement les enseignements opérationnels de cet incendie, sans attendre l’évaluation complète de la gestion de crise qui interviendra une fois celle-ci définitivement clôturée.
Une première Stratégie wallonne d’adaptation aux changements climatiques
Au-delà de ces réponses immédiates, le Gouvernement adopte la première Stratégie wallonne d’adaptation aux changements climatiques. Les priorités concernent notamment la prévention des inondations, du ruissellement ou des incendies de milieux naturels, la résilience du territoire face aux conséquences des vagues de chaleur, la disponibilité de l’eau en période de sécheresse, la préservation de la biodiversité, la protection de la population et des infrastructures essentielles, de l’agriculture et des forêts ainsi que la résilience des entreprises wallonnes.
Cette stratégie fixe une vision à l’horizon 2060 et neuf objectifs stratégiques à atteindre à l’horizon 2040. Elle se traduira dès cette législature par un premier plan 2026-2030 comprenant une vingtaine de mesures prioritaires, qui sera soumis au Gouvernement avant la fin de l’année 2026. Chaque mesure disposera d’un responsable identifié, d’un calendrier, d’indicateurs de résultats et d’une estimation budgétaire. L’objectif est de concentrer les moyens disponibles sur les actions ayant le plus d’impact et d’en mesurer concrètement les résultats.
Réduire les émissions et préparer le territoire
L’adaptation complète le travail mené pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, qui ont diminué de 47,8 % en Wallonie depuis 1990. Le Gouvernement poursuit dans ce cadre la mise en œuvre du PACE 2030 et a engagé la préparation du futur PACE 2040.
La Wallonie n’a par ailleurs pas attendu les événements de cet été pour renforcer sa capacité à faire face aux risques climatiques. Depuis les inondations de 2021, plusieurs réformes ont été engagées en matière de prévention des inondations, d’aménagement du territoire, de reconstruction résiliente et de gestion de crise. Un premier Plan intersectoriel de crise consacré aux inondations a notamment été adopté en juin dernier afin de mieux préparer les acteurs à faire face à de futurs événements extrêmes.
L’action climatique wallonne repose ainsi sur deux axes complémentaires : continuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en préparant concrètement le territoire aux conséquences des évolutions climatiques déjà observées.
Adrien Dolimont, Ministre-Président de la Wallonie : « L’incendie des Hautes Fagnes nous impose deux choses : agir rapidement pour restaurer ce qui a été touché et tirer les enseignements très concrets de la gestion de cette crise. Nous fixons donc des échéances précises : un premier travail sur la restauration des Fagnes dans les 15 jours, des améliorations opérationnelles à discuter avec le Fédéral et les autres Régions, et une vingtaine de mesures d’adaptation à finaliser avant la fin de l’année. Notre objectif : mieux anticiper les risques pour pouvoir agir plus efficacement lorsque nous serons confrontés à une nouvelle crise. »
François Desquesnes, Vice-Président et Ministre des Infrastructures et de la Mobilité : « Face aux événements climatiques extrêmes, notre responsabilité est de mieux anticiper et d’agir concrètement sur le terrain. L’incendie des Hautes Fagnes a montré la force de la mobilisation collective : secours, agents régionaux, communes, Province, agriculteurs et citoyens. La stratégie d’adaptation proposée par le Gouvernement wallon doit partir des réalités du terrain, au plus près des citoyens, et se décliner également dans chaque commune. Nous devons tirer les enseignements des évènements passés pour renforcer notre capacité d’intervention et adapter notre territoire et nos ressources pour faire face aux conséquences du changement climatique. »
Yves Coppieters, Ministre de la Santé et de l’Environnement : « Les crises climatiques et environnementales sont aussi des crises sanitaires. Notre réponse doit donc relier la santé humaine, la santé animale et celle de nos écosystèmes, selon l’approche One Health. En renforçant la coopération entre le SPW, l’AWAC, l’ISSeP et l’AVIQ, nous voulons mieux croiser les données environnementales et sanitaires, détecter les risques et formuler rapidement des recommandations claires. Cela vaut pour les vagues de chaleur comme pour les pics de pollution courts et localisés. La Wallonie présentera par ailleurs à la prochaine Conférence interministérielle Santé publique un plan actualisé pour mieux protéger la population face aux futurs épisodes de chaleur. »
Cécile Neven, Ministre de l’Energie et du Climat : « Notre responsabilité, c’est d’agir sur deux fronts : continuer à réduire nos émissions et préparer concrètement la Wallonie à ce qui change déjà. Avec cette stratégie d'adaptation, on ne veut pas d’un énième catalogue de bonnes intentions qui reste sur une étagère. On vise des priorités claires, des responsables identifiés, des échéances et, surtout, des résultats mesurables. En clair, moins de grandes déclarations, davantage d’action sur le terrain pour rendre notre territoire, nos logements, nos infrastructures et nos entreprises plus résilients. »
Anne-Catherine Dalcq, Ministre de l’Agriculture : « Nous avons déjà posé, avec la note d'orientation sur la restauration de la nature validée par le Gouvernement, une méthode claire : agir et adapter écosystème par écosystème, avec des priorités et une gouvernance précise. Notre contribution au plan national de restauration de la nature, qui sera soumise prochainement au Gouvernement, s'inscrit dans ce même cap. L'incendie des Hautes Fagnes ne le remet pas en cause. Un plateau comme celui des Fagnes ne se restaure pas en quelques mois. Ce sera un travail de plusieurs années, mené avec ceux qui le connaissent, forestiers, agriculteurs, scientifiques, associations. C'est cette méthode, exigeante et dans la durée, qui doit désormais guider la reconstruction des Fagnes ».
Contact presse: Simon Souris, porte-parole – simon.souris@gov.wallonie.be – 0473756709
© Emile Windal, Belga